La fin de la crise des grands lacs

L’UNIR MN est reconnu pour son expertise technique dans le domaine du règlement des conflits dans les Grands lacs. Dès sa création, elle a inscrit cet impératif au cœur même de son projet politique et sécuritaire. Le règlement définitif de la crise des Grands lacs passe en effet par la fin des conflits et la pacification totale de l’Est de la RDC et de toute la région des Grands lacs. Sans la paix, la reconstruction de la RDC demeure un vœu pieux.

En 2002 déjà, l’UNIR MN proposait au Congolais et à la communauté internationale un Plan de paix fondée sur la mise en œuvre d’une véritable diplomatie coercitive pour mettre fin au conflit. Il s’agissait de l’Agenda 2002 pour le rétablissement et le maintient de la paix dans la région des Grands lacs, la restauration de l’intégrité territoriale et le rétablissement de la République du Congo-Zaïre. Ce document pose les fondements solides d’une stratégie globale de paix que l’UNIR MN ne fera par la suite qu’adapter aux évolutions de la crise.

Ainsi les principes de la négociation inter belligérants, du recours à la diplomatie coercitive, de la convocation d’une Conférence intergouvernementale sur la Sécurité, la Paix et la coopération régionale, de la conclusion d’un Pacte de stabilité sur la sécurité et la défense et la mise en place d’une organisation de sécurité et de défense mutuelle ainsi que du règlement de la nationalité des populations tutsis dites Banyamulenge, constituaient déjà les points fondamentaux de la doctrine d’action sur laquelle se fonde aujourd’hui le Projet d’Alliance intime que nous prônons entre la RDC, le Rwanda, l’Ouganda, le Burundi, la Tanzanie et le Sud Soudan.

En effet, toutes les tentatives de pacification de la région Est de la République démocratique du Congo, entreprises tant bien que mal dès 1996 jusqu’à ce jour, n’ayant pas donné des résultats attendus, les formes actuelles des actions mises en œuvre par la Communauté internationale pour le rétablissement et le maintien de la paix et de la sécurité dans l’Est de la RDC doivent selon nous céder la place à une nouvelle forme d’action plus active basée sur une nouvelle vision, plus réaliste.

Sans une doctrine d’action en appui d’un plan contenant des objectifs précis pour rétablir et préserver la paix dans la région des Grands Lacs, et une stratégie claire, il est difficile de pacifier et de stabiliser l’Est de la RDC et donc de mettre un terme à la crise des Grands Lacs.

Si l’on fait preuve de réalisme, il faut admettre qu’il n’y a pas d’alternative au règlement définitif et général de la crise des Grands lacs, et que le seul moyen d’y mettre un terme de manière responsable passe par la recherche d’un accord politique et non par l’escalade militaire. Nous ne parlons pas d’un simple accord entre les autorités congolaises et les groupes rebelles actifs sur son territoire mais bien d’un accord politique entre tous les Etats de la Région des Grands lacs.

La conclusion de cet accord nécessite bien évidemment une négociation dont la possibilité et l’ouverture dépendra de la décision et de l’engagement que prendra auparavant le Conseil de sécurité d’inscrire la fin de la crise des grands lacs à l’ordre du jour et dans son agenda et d’adopter une résolution contraignante à cet effet.

L’UNIR MN propose donc un nouveau plan quinquennal (5 ans) de sortie de crise en deux volets.

Dans le Premier volet relatif à la fin de la crise des grands lacs, nous invitons le Conseil de sécurité :

  • à inscrire la fin de la crise des Grands lacs à l’ordre du jour du Conseil de sécurité des Nations Unies ;

  • à adopter une nouvelle résolution sur une stratégie d’ensemble pour la RDC, le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi. Il s’agit de dépasser la dimension MONUSCO et de mettre en place la Mission des Nations Unies pour le règlement définitif et général de la crise des Grands lacs qui aura pour mission l’exécution de la résolution du Conseil de sécurité sur l’arrêt de la crise des Grands lacs ;

  • à adopter dans sa nouvelle résolution des mesures coercitives relatives à la démilitarisation du kivu et de l’Ituri, au désarmement et à la dissolution de tous les groupes ou mouvements armés qui opèrent dans la région, à l’établissement une zone démilitarisée entre la RDC, le Rwanda, l’Ouganda, le Burundi et le Sud Soudan ;

  • à régler la situation de l’ethnie tutsi congolaise afin de parachever au mieux le processus de réconciliation nationale, ainsi que le problème des réfugiés et le sort des groupes rebelles par le recours notamment à la notion de citoyenneté unique de l’organisation des Etats des Grands lacs (l’Alliance) ;

  • à faire respecter l’intégrité territoriale de la RDC et à garantir l’intangibilité de ses frontières conformément au principe juridique de l’uti possidetis juris ;

  • à inviter la RDC, le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi à inscrire l’exploitation et la gestion commune des ressources naturelles communes des Grands lacs dans un processus d’intégration régionale à travers une organisation ouverte à la participation de tous les Etats des Grands lacs désireux d’y prendre part.

La fin de l’opération doit se concrétiser

Dans le Deuxième volet l’UNIR MN propose la mise en place de la Nouvelle Alliance intime RDC, Rwanda, Ouganda, Ouganda, Tanzanie, Burundi et Sud Soudan. C’est l’Alliance confédérale des Etats des Grands lacs et de l’Afrique centrale. Cette Alliance sera concrétisée suite à la tenue d’une Conférence Intergouvernementale sur la Sécurité, la Défense, la Paix et la Coopération régionale des Grands lacs dont le mandat portera sur l’adoption d’un Pacte de stabilité régional et la mise en place de l’Organisation pour Sécurité et la Défense Mutuelle de l’Alliance. Cette organisation sous-régionale, pilier de L’Alliance politique, aura notamment pour rôle opérationnel la prévention des conflits, la gestion des crises et le règlement pacifique des différents qui pourraient survenir au sein de l’Alliance.