Historique de l'UNIR MN

L’UNIR MN puise ses racines dans le cadre de la profonde crise politique qui s’est déclenchée suite au génocide au Rwanda en 1994 et aux évènements de 1997 dont l’avènement de l‘AFDL et la chute du régime du Maréchal Mobutu furent le point d’orgue. Cette période trouble de l’histoire de l’ex-Zaïre a ouvert une ère d’instabilité politique et de conflits armés qui, jusqu’aujourd’hui, continuent de porter gravement atteinte aux conditions d’existence et à la dignité des populations congolaises, à la cohésion politique nationale et à l’intégrité territoriale de notre pays.

Ces évènements douloureux qui ont conduit vers l’exil de nombreux Congolais ont déclenché une prise de conscience dans le chef d’une génération de congolais qui ont rapidement compris en effet que, derrière l’agression armée et l’occupation dont le Congo faisait l’objet et les revendications de la « minorité » tutsi congolaise dite Banyamulenge, les objectifs de cette crise étaient la confiscation de la souveraineté du pays, la remise en cause des frontières du pays, le détournement et l’appropriation de ses richesses naturelles et l’érosion du tissu identitaire, culturel et cultuel congolais, en bref : l’éclatement du pays, son dépeuplement et son démembrement au profit notamment de certains pays voisins.

L’assassinat en janvier 2001 du Président Laurent Désiré KABILA, qui avait su, plus ou moins adroitement, contenir un temps cette entreprise hégémonique, a confirmé toutes nos craintes à cet égard. C’est pendant cette période d’incertitude et de crise de légitimité du pouvoir que L’UNIR MN a été officiellement créée.

La création de l’UNIR MN s’est donc inscrite dans un contexte politique et sécuritaire précis dont nous vivons encore quotidiennement les conséquences douloureuses. L’engagement politique de ses membres n’a par conséquent jamais été dicté par d’autre ambition légitime que celle de s’opposer en conscience et avec intelligence aux multiples forces et facteurs internes et externes qui nourrissent la crise des Grands lacs, s’emploient à diviser et à affaiblir les Congolais ainsi qu’à détruire leur tissus social et leur identité nationale.

C’est donc dans un but constructif, mettre fin au conflit et reconstruire le Congo-Zaïre, et dans l’optique d’éclairer les consciences, de réconcilier les Congolais avec leur histoire autour de symboles et d’un projet mobilisateur et d’offrir une alternative crédible aux Congolais et à la communauté internationale, que l’UNIR MN a publié en 2001, sous la plume de son auteur, Frédéric Boyenga Bofala, son projet de société : « Refaire la République – Mission sacrée d’une génération ».

L’UNIR MN va par la suite multiplier une série de contacts officiels afin de porter ce projet alternatif à la connaissance des Congolais et des chancelleries africaines et occidentales. Son travail d’expertise va rapidement lui valoir la reconnaissance et la considération de ces interlocuteurs. Ses idées innovantes vont exercer une influence importante sur l’action de la communauté internationale en RDC. C’est le cas notamment des propositions qu’elle présente, au plus fort de la période de conflit, aux responsables de l’Union Européenne, des Nations unies et des différentes chancelleries, dans son « Agenda 2002 pour le rétablissement et le maintien de la Paix dans la région des Grands lacs, la restauration de l’intégrité territoriale et le rétablissement de la République au Congo-Zaïre » qui sera accessoirement suivis en 2003 de ses annexes.

L’UNIR MN, dans sa vision globale des enjeux géopolitiques en RDC, s’est donc très tôt positionnée sur l’échiquier politique congolais, non pas comme un frein au dialogue politique qui s’initiait entre Congolais ou encore à la politique menée tant bien que mal par la communauté internationale en RDC, mais plutôt de manière à en accompagner et en influencer la conduite, puisque l’esprit de ce dialogue et la nature de cette politique internationale contenaient en réalité les germes de crises politiques ultérieures.

Qu’il s’agisse donc de la Conférence des Grands lacs ou encore de l’opération Artemis, voire des récents accords de Kampala en 2013, l’influence de l’UNIR MN est palpable. Elle a sérieusement contribué à infléchir et atténuer certaines des mesures et des comportements les plus indésirables qui soient pour l’intérêt de la RDC.

Cependant l’UNIR MN s’est toujours abstenue de rentrer dans le jeu politique congolais classique. Elle s’est en effet d’emblée refusée de participer au dialogue inter-congolais et n’a pas signé l’Accord global et inclusif sur la transition en RDC signé à Pretoria en avril 2003. L’UNIR MN considérait que les conditions sine qua non à un véritable processus d’émancipation démocratique et sociale contrôlé de manière souveraine n’étaient pas suffisamment réunies. Absente des institutions de la transition, l’UNIR MN s’est, dans la même logique, abstenue de participer aux processus électoraux de 2006 et de 2012.

Cette distance lui été à mainte reprises reprochée, mais il s’agit d’une stratégie qui lui a permis de préserver un regard lucide sur les évènements politiques et de sauvegarder la crédibilité et l’efficacité de son action. L’UNIR MN ne s’est jamais engagée dans des voies politiques dont elle ne maîtrise pas du tout l’issue. C’est ce qui lui permet de préserver intactes les atouts qui devront lui permettre de jouer un rôle déterminant dans le cours des évènements à venir tant sur le plan national que régional, à savoir, l’adéquation entre la pertinence des projets mobilisateurs qu’elle propose pour réconcilier la nation congolaise et les peuples de la région des Grands lacs et de l’Afrique centrale et la probité de ses représentants.

Car la persistance des conflits à l’Est de la RDC, les risques persistants d’éclatement du pays et de tensions ethniques résultant du nouveau découpage territorial, la faiblesse structurelle de l’Etat congolais, le climat actuel de suspicion légitime croissant dans le chef de la population à l’égard de l’actuel Chef de l‘Etat, les atteintes quotidiennes aux droits fondamentaux et les conditions de vie économique et sociale déplorables sont, de manière non exhaustive, autant de facteurs qui ont définitivement brisé le lien de confiance qui fonde le pacte républicain garantissant la stabilité politique du pays, structurant sa vie politique et fondant sa cohésion nationale.

C’est justement pour maintenir ce lien de confiance, rassurer nos compatriotes et maintenir l’espérance au-delà de toute résignation que l’UNIR MN s’est toujours adressé aux Congolais et à la communauté internationale en leur faisant comprendre que la réappropriation, la sécurisation et la sauvegarde de l’intégrité de l’espace territoriale vital proportionné à la grandeur de la RDC, la liberté et l’indépendance du peuple congolais et le rétablissement de l’honneur de la nation restent des objectifs impératifs qui ne relèvent pas d’une vision nationaliste stérile. Ils demeurent au contraire des objectifs compatibles avec une ultime vision d’avenir élargie, ouverte sur un projet possible de paix et d’avenir commun entre tous les peuples de la région des Grands lacs.

Et c’est bien en ce sens, celui qui consiste à briser le cercle vicieux de la guerre et de la division et qui nourrit la compréhensible amertume ressentie par une génération fatiguée et exacerbée de Congolais que doit être lue, depuis sa création et pour l’avenir, l’évolution de l’UNIR MN à travers ses choix, ses déclarations, ses stratégies d’action, et aussi ses temps de silence.

C’est à la lumière de cet ultime objectif politique qu’il faut lire le projet de société de l’UNIR tel qu’il est expliqué dans « Au nom du Congo-Zaïre » et plus récemment dans le projet d’Alliance intime entre la RDC, le Rwanda, l’Ouganda, le Burundi, la Tanzanie et le Sud Soudan que l’UNIR MN a inscrit au cœur de son programme politique et économique, et qu’elle entend bien mettre en œuvre avec le concours déterminant des Congolais, le soutien des peuples de la région des Grands lacs et de l’Afrique centrale et la mobilisation de la communauté internationale, lorsque demain sera aujourd’hui.