La République du Congo-Zaïre (actuellement République Démocratique du Congo) est, aujourd’hui, un Etat envahi et occupé par ses voisins du Nord-Est (le Rwanda, le Burundi et l’Ouganda), en violation flagrante des règles pertinentes du droit international, notamment l’article 2 § 4 de la Charte de l’Organisation des Nations Unies (ONU), qui interdit à ses membres de recourir à la force armée contre l’indépendance et/ou l’intégrité territoriale d’un autre Etat. En effet, la présence de ces Etats sur le sol du Congo- Zaïre est incontestablement un véritable acte d’agression, au sens de la Résolution 3314 de l’Assemblée Générale de l’ONU, et de violation prima facie des règles de la coexistence pacifique et d’entretien des relations amicales entre les Etats ainsi que du principe de l’uti possidetis juris, garantissant l’intangibilité des frontières internationalement reconnues. En dehors des forces armées d’invasion et d’occupation, il faudrait également souligner que d’autres Etats africains, appelés au secours par le régime au pouvoir à Kinshasa, sont encore présents au Congo-Zaïre. Au total, six Etats étrangers se sont illégalement implantés, directement ou indirectement, sur le territoire national (l’Angola, le Burundi, la Namibie, l’Ouganda, le Rwanda et le Zimbabwe).

La présence continue de ces forces militaires et paramilitaires étrangères constitue une menace grave à la paix, la sécurité, la stabilité et le développement de la Région des Grands-Lacs en particulier et, de l’Afrique centrale et de l’Est tout entière, en général. Qui plus est, cette présence porte atteinte à l’exercice, par la République du Congo-Zaïre, de sa souveraineté effective.

La Communauté internationale a été très réceptive à cette question. De nombreuses résolutions ont été adoptées par le Conseil de sécurité de l’ONU, et un accord pour un Cessez-Le-Feu en République Démocratique du Congo, dit « Accord de Lusaka » a été signé le 10 juillet 1999.

Mais en dépit des efforts fournis par la Communauté internationale, la situation qui prévaut actuellement au Congo-Zaïre incline à de graves inquiétudes. Le territoire de la République est devenu, et risque de demeurer, un lieu d’expérimentation des forces armées étrangères africaines. La guerre d’agression, qui sème la désolation au Congo-Zaïre depuis fin octobre 1996, a déjà décimé plus de deux (2) millions de nos compatriotes et mis en sursis de mort plus de huit (8) millions d’autres. Aujourd’hui, après cinq années de turbulences, la crise qui déchire le Congo-Zaïre s’enlise de manière sournoise, la situation de sa population ne fait que se détériorer, les conditions d’existence sont très pénibles, et aucun signe véritablement tangible ne permet d’espérer le rétablissement rapide et le maintien de la paix dans la Région des Grands-Lacs, encore moins de voir s’amorcer le Processus de Reconstruction du Congo-Zaïre et des régions dévastées. Allons-nous attendre passivement et assister indifféremment à la concrétisation de l’horreur ? Il faudrait que nous cherchions ensemble, avec les partenaires historiques du Congo-Zaïre (l’Union européenne et ses Etats membres, les Etats Unis d’Amérique), les solutions adéquates au dénouement de cette situation affreuse afin de restaurer les conditions de normalité dans notre pays et dans la Région des Grands-lacs.

L’UNIR MN sollicite, par conséquent, l’intervention de l’Union européenne dans l’application effective de l’Accord de Lusaka. L’UNIR MN note avec satisfaction l’adoption, par le Conseil de l’Union européenne le 11 mars 2002, de la position commune « concernant le soutien de l’Union européenne à la mise en œuvre de l’accord de cessez- le-feu de Lusaka et du processus de paix en République démocratique du Congo », et propose à l’Union européenne d’adopter une position commune condamnant les Etats qui n’observeront pas scrupuleusement les dispositions de l’Accord susvisé. Cette position commune doit être complétée par des actions communes en forme de sanctions économiques.

Pour rendre efficace l’opération du rétablissement et du maintien de la paix dans la Région des Grands-lacs, l’UNIR MN propose, par ailleurs, l’abandon de la formule « mission d’observation » confiée à la MONUC et préconise la mise en place d’une véritable diplomatie coercitive pour résoudre cette crise. L’UNIR MN propose à l’Union européenne et ses Etats membres, avec le concours des Etats-Unis d’Amérique, de solliciter l’autorisation préalable du Conseil de sécurité en vue de procéder à l’intervention des forces de l’UEO ou de l’OTAN. Une telle intervention, conforme aux dispositions de la Charte et de l’Agenda pour la paix de l’ONU, faciliterait l’application effective de l’Accord de Lusaka et rétablirait la paix et la sécurité dans la Région. L’objectif poursuivi par l’UNIR MN est de mettre sur pied, avec le concours déterminant de nos partenaires historiques, une opération internationale de reconstruction de la paix et de transition vers une solution définitive de la crise, dans des conditions qui n’excluent pas le recours à la coercition, mais s’inscrivent dans un contexte fondamentalement pacifique.