La Communauté international a été très réceptive à cette question. De nombreuses résolutions ont été adoptées par le Conseil de sécurité de l'ONU, plusieurs accords de paix ont été signé : Accord de Lusaka, Accord de Pretoria, Accord de Luanda, Accord de Sun City....Mais en dépit des efforts fournis par la Communauté internationale, la situation qui prévaut actuellement au Congo-Zaïre incline à des graves inquiétudes.

La Communauté international a été très réceptive à cette question. De nombreuses résolutions ont été adoptées par le Conseil de sécurité de l'ONU, plusieurs accords de paix ont été signé : Accord de Lusaka, Accord de Pretoria, Accord de Luanda, Accord de Sun City....Mais en dépit des efforts fournis par la Communauté internationale, la situation qui prévaut actuellement au Congo-Zaïre incline à des graves inquiétudes.

En effet, au vu du rapport de l'ONU sur les mécanismes du pillage des richesses du Congo, la situation actuelle au Congo-Zaïre et la crise qui saigne notre pays est réfractaire aux procédures diplomatiques de règlement non coercitif et doit susciter une nouvelle réflexion sur les points nodaux de la légalité juridique et de la légitimité politique d'une intervention coercitive internationale. Les critiques d'une telle intervention soutiendront généralement que le recours à la force, même international et légalement autorisé, serait prématuré et ne résoudrait rien, alors que l'option diplomatique demeure encore ouverte, que les troupes étrangères se " retirent " du Congo-Zaïre. Au-delà de sa charge passionnelle, l'argument mérite attention en ce qu'il affirme qu'un compromis politique reste envisageable. Poser le problème en ces termes linéaires est sans doute acceptable dans le cadre d'une polémique où il ne saurait y avoir de " vérités ", mais des positions subjectives également défendables. En fait, de notre point de vue sur la situation, la vraie question n'est pas de savoir si l'option diplomatique doit être abandonnée maintenant. Elle est de comprendre plutôt pourquoi toutes les tentatives de règlement pacifique, entreprises depuis 1998 et reprises de manière intensive à partir de 2001 après le triste assassinat au palais de marbre à Kinshasa, ne furent qu'une tâche de Sisyphe. L'expérience montre que depuis 1998 dans la crise congolaise, les signatures n'engagent guère les belligérants et que souvent un accord chasse l'autre. En attendant, le bilan de plus de deux millions de victimes directes et indirectes de la guerre continue de s'alourdir au Congo-Zaïre, ce qui rend encore plus criant le décalage entre diplomatie non coercitive et réalité du terrain.

Par ailleurs, malgré l'accord intervenu le 30 juillet 2002 à Pretoria entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda, nous restons fondamentalement sceptique quant à son application concrète. Alors qu'il est censé mettre fin à six ans de guerre et d'occupation et, malgré le " retrait " de quelques troupes étrangères sur notre sol, cet accord soulève autant de questions sur la volonté réelle de ses auteurs quant à son application effective : accusations mutuelles d'armer ses partisans respectifs, guerre qui fait rage dans l'Ituri, guerre à Uvira entre les Maï Maï et les troupes du Rassemblement congolais pour la démocratie, Banyamulenge pourchassés par l'Armée patriote rwandaise, retournement d'alliance entre le gouvernement de Kinshasa et les miliciens Hutus opérant aux côtés de l'armée congolaise, le tout sur fond d'insécurité généralisée et d'une situation humanitaire catastrophique pour la population congolaise.

Même si en toute hypothèse, cet accord, pourtant espéré, réussissait, nous restons persuadés que parler de paix au Congo dans son paysage politique actuel, reste un leurre. Et j'insiste avec conviction patriotique : nous nous trompons continuellement de chemin. En définitive, ces errances finissent toujours par nous faire entendre le bruit des armes et l'horizon n'est jamais porteur de paix et de justice. Prudence donc lorsqu'on parle de paix au Congo et dans la Région des Grands-lacs dans la configuration actuelle.

Pour rendre efficace l'opération du rétablissement et du maintien de la paix au Congo-Zaïre, l'UNIR MN propose, par ailleurs, l'abandon de la formule " mission d'observation " confiée à la MONUC et préconise la mise en place d'une véritable diplomatie coercitive pour résoudre cette crise. L'intervention coercitive mandatée par l'ONU serait-elle pour autant, politiquement ou moralement justifiée ? La réponse à cette question constitue une pure affaire d'opinion. Il paraît plutôt plus judicieux de s'interroger sur les effets bénéfiques de cette intervention. La guerre d'agression, qui sème la désolation au Congo-Zaïre depuis fin octobre 1996, a déjà décimé plus de deux (2) millions de nos compatriotes et mis en sursis de mort plus de huit (8) millions d'autres. Aujourd'hui, après six années de turbulences, cette crise s'enlise de manière sournoise, la situation de la population congo-zaïroise ne fait que se détériorer, les conditions d'existence sont très pénibles, et aucun signe véritablement tangible ne permet d'espérer le rétablissement rapide et le maintien de la paix dans notre espace régional, encore moins de voir s'amorcer le processus de reconstruction du Congo-Zaïre et des régions dévastées. Toutes les tentatives de règlement sans coercition, entreprises dès 1996 et reprises de manière intensive à partir de 1998 avec les différentes résolutions de l'ONU et des divers accords relatifs au règlement du conflit qui saigne notre pays, ayant échoué, les formes actuelles des actions proposées par la communauté internationale pour résoudre cette crise doivent céder la place à une nouvelle diplomatie active et coercitive, impliquant de manière décisive l'ONU, les Etats-Unis d'Amérique, l'Union européenne et ses Etats membres et la Présidence de l'Union africaine. Il faut passer d'une politique d'usure à une politique décisive. L'UNIR MN propose aux Etats-Unis d'Amérique, à l'Union européenne et ses Etats membres, avec le concours de la Chine, de la Russie et de la Présidence de l'Union africaine, de solliciter l'autorisation préalable du Conseil de sécurité en vue de procéder à l'intervention d'une force de coercition, par le biais soit des forces de l'UEO, soit de l'OTAN ou soit à doter au mandat de la MONUC une dimension coercitive. Une telle intervention, conforme aux dispositions de la Charte et de l'Agenda pour la paix de l'ONU, faciliterait l'application effective de divers accords et résolutions et rétablirait la paix et la sécurité dans la Région. L'objectif poursuivi par l'UNIR MN est de mettre sur pied, avec le concours de nos partenaires historiques, une opération internationale de reconstruction de la paix et de transition vers une solution définitive de la crise, dans des conditions qui n'excluent pas le recours à la coercition, mais s'inscrivent dans un contexte fondamentalement pacifique. Cette nouvelle diplomatie active devra comporter deux phases :

  • une première phase consacrée à la négociation entre une nouvelle autorité politique congo- zaïroise dotée d'une légitimité juridique exceptionnelle et les Etats en belligérance avec le Congo-Zaïre ;
  • une première phase consacrée à la négociation entre une nouvelle autorité politique congo- zaïroise dotée d'une légitimité juridique exceptionnelle et les Etats en belligérance avec le Congo-Zaïre ;

1.1. La négociation entre une autorité politique congo-zaïroise légitime et les Etats en belligérance avec le Congo-Zaïre

Des nouvelles et sincères négociations directes entre une nouvelle autorité politique congo- zaïroise réunissant l'ensemble des forces vives du pays et dotée d'une légitimité exceptionnelle conférée par l'élection du chef de l'Etat en conférence nationale souveraine et les autorités des Etats en belligérance avec notre pays doivent déboucher sur des véritables engagements pour la paix.

L'UNIR MN invite l'Union européenne à intervenir de manière vigoureuse dans le processus de rétablissement et de maintien de la Paix dans la Région, d'user de toute son influence pour obtenir la conclusion d'un accord définitif de paix négocié qui soit équitable pour toutes les Parties, et qui impose le respect de l'intégrité territoriale ainsi que de la souveraineté nationale du Congo-Zaïre.

Pour y parvenir, l'UNIR MN propose au Conseil de sécurité de nommer, en concertation avec l'Union européenne, un " Haut Médiateur des Nations Unies " confié à une personnalité d'envergure internationale, dont le rôle devra consister à concilier les prétentions opposées et à apaiser les ressentiments qui pourraient se produire entre les Etats en conflits afin d'obtenir une application effective des divers accords de paix. Le Haut Médiateur aura pour mission de rétablir un contact véritable et sincère entre les Etats en belligérance. Il s'agit en l'espèce de rapprocher les belligérants, d'instaurer un dialogue et conduire des négociations entre les Etats belligérants. Grâce à l'action du Haut Médiateur des Nations Unies, de véritables négociations pourront reprendre entre les Etats antagonistes et déboucher sur un règlement pacifique de la crise.

Au-delà d'une reprise de contact, l'UNIR MN invite le Haut Médiateur à proposer aux Etats impliqués dans la crise de la Région des Grands-lacs le projet de Pacte de Stabilité Régionale de l'UNIR MN, et de convoquer à cette fin, une Conférence intergouvernementale sous les auspices de l'Union européenne et du Conseil de sécurité de l'ONU, en coopération avec la Présidence de l'Union africaine.

1.2. Le recours à la diplomatie coercitive

En cas d'échec de négociation entre les différents protagonistes, la coercition s'impose comme étant le relais nécessaire. Il s'agit, ici d'une intervention coercitive suivie d'une entreprise internationale de reconstruction et de maintien de la paix dans la Région. Cette diplomatie coercitive devra comporter deux différentes, mais non moins complémentaires :

  • les sanctions économiques et/ou diplomatiques (A) ;
  • l'intervention coercitive armée (B).

A. La coercition économique et diplomatique

Pour contraindre les Etats récalcitrants de respecter les engagements souscrits dans les divers accords de paix, l'UNIR MN invite l'Union européenne et ses Etats membres à adopter des sanctions économiques ou/et diplomatiques. L'UNIR MN note avec satisfaction l'adoption, par le Conseil de l'Union européenne le 11 mars 2002, de la position commune " concernant le soutien de l'Union européenne à la mise en œuvre de l'accord de cessez-le-feu de Lusaka et processus de paix en République démocratique du Congo ", et propose à l'Union européenne d'adopter une position commune condamnant les Etats qui n'observeront pas scrupuleusement les dispositions de l'Accord susvisé. Cette position commune doit être complétée par des actions communes en forme de sanctions économiques consistant à interrompre ou à réduire, en tout ou partie, les relations économiques avec les Etats récalcitrants : notamment l'exclusion de ces Etats du bénéfice des dispositions économiques et financières de la Convention de Cotonou qui lie l'Union européenne aux Etats d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP).

Au-delà de l'action personnelle, l'Union européenne pourrait également prendre des sanctions économiques et diplomatiques à l'encontre des Etats qui ne respecteront pas les dispositions de l'Accord de Lusaka en vue de la mise en œuvre d'une Résolution du Conseil de sécurité, adoptée sur la base de l'article 41 de la Charte des Nations Unies. Si, toutefois, toutes ces mesures se révèlent inadéquates, le recours à la coercition armée ne devra pas être exclu.

B. L’intervention coercitive armée

L'UNIR MN est profondément convaincue que, en cas d'insuffisance des mesures économiques et diplomatiques ci-dessus visées, seule la force armée, c'est-à-dire seul un engagement militaire véritable, régulièrement autorisé par le Conseil de sécurité des Nations Unies, pourrait contraindre les armées étrangères opérant d'une manière ou d'une autre sur le territoire du Congo-Zaïre de s'y retirer effectivement et d'observer scrupuleusement les exigences des résolutions de l'ONU et celles des accords sur le rétablissement et le maintien de la paix dans notre espace régional, la restauration de l'intégrité territoriale et le rétablissement de la République au Congo-Zaïre.

Mais compte tenu du fait que l'Organisation des Nations Unies ne dispose pas de moyens matériels et humains propres et concrets, l'UNIR MN invite les Etats Unis d'Amérique, l'Union européenne et ses Etats membres, avec l'appui de la Chine, de la Russie et la Présidence de l'Union africaine, à solliciter du Conseil de sécurité le vote d'une résolution habilitant, sur la base du chapitre VIII de la Charte des Nations Unies (article 53 § 1), des organisations régionales de défense à exécuter de façon appropriée les mesures coercitives par lui adoptées en vertu du chapitre VII de la même charte (article 42).

Dans l'esprit de l'UNIR MN, l'intervention de UEO ou de l'OTAN serait prima facie décisive. Le potentiel de ces deux organisations pourrait contribuer à alléger la tâche du Conseil de sécurité par le biais d'une délégation de pouvoir en leur faveur. Le recours à ces derniers se justifie, essentiellement, par l'incapacité avérée de l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA) devenue l'Union africaine à résoudre, du moins pour l'instant, les conflits intra et/ou interétatiques qui accablent le continent africain. Tels ont été les arguments que avons avancés dans notre correspondance avec le Secrétaire général de l'OTAN. Par ailleurs, les opérations classiques de maintien de la paix et de la sécurité internationales, menées par les " Casques bleus " des Nations Unies, n'ont cessé de démontrer leur inefficacité. Pour s'en convaincre, il suffit de se reporter à la situation au Liban sud, à Chypre ou encore actuellement en République démocratique du Congo avec la MONUC. Dès lors, l'UNIR MN considère que la MONUC, dont le mandat est clairement circonscrit à l'observation, la démilitarisation et la surveillance du retrait des forces étrangères, présentes d'une manière ou d'une autre sur le territoire de la République, ne peut raisonnablement accompagner notre Congo-Zaïre à recouvrer sa souveraineté pleine et entière.

L'UNIR MN souhaite que les forces d'interposition de l'UEO, de l'OTAN ou de la MONUC nouvelle formule qui seront déployées au Congo-Zaïre y stationnent jusqu'à ce que l'Etat soit en mesure de prendre le relais afin d'assurer à ses citoyens et autres sujets sous sa juridiction la paix et la sécurité requises, conditions essentielles et incontournables pour la restauration effective de l'intégrité territoriale de la République.